Il y a des jours comme ça

Ce matin, le réveil a sonné à 9h. J’avais des super plans pour la journée : ciné/shopping/resto, une journée self-care juste pour moi, pour me sentir bien et sortir enfin de mon appartement.

Sauf que. Sauf qu’aujourd’hui, ça ne sera pas possible.
Il est 15h. J’ai faim depuis 12h. A 14h30 j’ai finalement réussi à m’assoir. Je n’ai toujours pas la force de me lever pour aller me faire des pâtes.

Ce genre de journées, j’en ai régulièrement depuis longtemps. C’était plus facile quand je vivais chez mes parents : pas le choix, fallait que je rejoigne la famille à table et que je mange.

Ensuite j’ai vécu seule et là c’était plus compliqué mais je réussissais toujours, au final, à me lever pour me faire une soupe miso, au pire. Et j’attendais que ça passe.
Alors je me suis dit qu’une colocation ça pourrait être bien : comme ça pas moyen que je me laisse mourir de faim, il y aura quelqu’un pour remarquer qu’un truc cloche.
Sauf que ça c’était la théorie. En pratique, l’idée que je puisse croiser quelqu’un dans des moments pareils est terrifiante et me cloue au lit. Y a que quelques personne « privilégiées » que je peux voir dans ces moments-là, mais encore faut-il qu’ielles puissent venir jusqu’à moi. Parce que moi, je passe pas la porte de ma chambre, alors ne parlons même pas de sortir dans la rue.

Aujourd’hui, j’ai lutté pour essayer de sortir du lit et de continuer ma journée comme prévue. Je m’en suis voulu, je me suis malmenée.
Mais un jour comme ça, me forcer ou m’engueuler ça va pas m’aider. Alors j’accepte. Je me résigne : le ciné/shopping/resto n’est pas pour aujourd’hui. Aujourd’hui je reste au lit et tant pis, même si ça me fait perdre un jour de boulot. Et peut-être, demain, si ça va mieux, j’irai en ville ?
En attendant je vais juste essayer de me faire des pâtes.

Après 15h, j’ai lutté pour pas me rallonger. J’ai fait des pâtes. Et je suis restée au lit avec une série. Maintenant, il est 18h30. Total de minutes hors de mon lit depuis 9h ce matin : Approximativement 10.

Pas mon meilleur jour.
Mais là, ça va mieux. Pas bien. Mais mieux. Je considère lancer la vidéo de mon défi de yoga de janvier. J’envisage de commander une pizza ce soir.

Ça n’a pas été une journée facile, je n’ai fait rien de productif et rien de ce que je voulais faire. Mais là, j’ai un sentiment apaisant.

J’ai vécu aujourd’hui comme on vit une tempête : malmenée, effrayée, sans savoir quand ça allait s’arrêter. Mais là, tout est enfin redevenu calme, et j’ai survécu une autre journée.

Un jour de plus. J’ai survécu la tempête. Total jusqu’à aujourd’hui ? 7829 jours. 7829 réussites. Pourcentage de réussite : 100%

Je voulais faire un blog avec des listes de choses à faire pour aller bien, pour aller mieux et pour prendre soin de soi. Des outils out there pour celleux qui en ont besoin. Mais c’est aussi important de te raconter ce genre de journées, de te rappeler que non, c’est pas tous les jours facile, que oui c’est normal mais que ça va passer.

Je sais, ça fait mal, c’est presque intolérable et tout est tellement difficile que même te lever ou manger c’est trop. C’est légitime, c’est valide, et ça va passer. Mais si tu as peur de sauter trop de repas, essaie de demander de l’aide à quelqu’un quand même (demande-moi, même, j’t’enverrai une pizza).

Keepin’ it real.

Et toi, comment tu vas ?
Eleama O.

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9 réflexions sur “Il y a des jours comme ça

  1. Je comprend tout à fait. Je lutte contre la même chose et c’est pas tous les jours faciles. Ca fait de bien de lire que d’autres vivent la même chose et tes ressentis. Ce n’est pas facile de se pardonner et de surmonter ces passages mais ça m’aide beaucoup d’essayer d’avoir une pensée de gratitude tous les jours même pour des choses insignifiantes.

    • Je t’envoie des bonnes ondes alors, courage à toi 🙂
      Oui, je ne peux qu’approuver : essayer de se concentrer sur la gratitude est vraiment utile, parce que finalement on peut toujours trouver quelque chose 🙂
      Merci de ton commentaire 🙂
      Passe une belle journée !

  2. Je vis quelque chose dans le même ordre d’esprit, parfois. Je me sens paralysée. J’ai peur. Sauf que dans ces moments là, j’aimerais bien me contenter de ne manger que des pâtes.
    Ma naturopathe m’a dit qu’il fallait que je sois moins exigeante avec moi-même. A trop m’en demander, je fini par me noyer… Alors j’essaie de relativiser si le jour J je n’ai pas fait tout ce qui était prévu.
    Si ma réponse peut t’aider…

    • C’est ça pour moi aussi : il faut vraiment que je me noie avant d’accepter d’être moins dure avec moi-même.
      C’est aussi une force qui nous pousse à avancer parfois, mais ça peut aussi se retourner contre nous 🙂

      Je t’envoie des bonnes ondes et merci pour ton commentaire,
      Passe une belle journée 🙂

  3. Je suis aussi en train de retomber dans une période comme ça, mais qui est compliquée à expliquer. J’ai envie de passer du temps avec des gens, mais en même temps, je veux juste m’isoler du monde. J’ai une rechute de crise existentielle par rapport à ce que je veux faire dans la vie (je m’apprêtais à lire cet article après le tien, dont le titre est la question exacte que je me pose depuis 1 an : http://puttylike.com/multipotentialites-cant-stick-with-anything-long-enough-to-build-successful-careers/) .

    J’ai plusieurs idées de projets, mais je sais pas si ça va intéresser quelqu’un.

    Pour ce qui est de mon blogue, ça va super bien… mais je commence à trouver que je tourne en rond et devenir blogueuse pro avec ma « niche »… c’est vraiment pas évident. Toutes (ou pratiquement toutes) les entreprises et tous les organismes (souvent à but non lucratif) qui me contactent n’ont pas de budget pour mes services. Et mettre de la pub « générale »… je ne suis vraiment pas à l’aise avec l’idée, même si c’est ce que plusieurs personnes me suggèrent de faire. Je suis encore super motivée (vu la croissance rapide du mouvement zéro déchet au Québec), mais en même temps… pas vraiment. :/

    J’adore encore bloguer/écrire… mais je trouve que j’ai fait le tour des sujets que j’aborde en ce moment et j’ai besoin de passer à autre chose, sauf que j’ai peur de gâcher toutes les heures de travail que j’ai mises sur mon blogues ces 3 dernières années!

    Bref, en ce moment, ça va, mais je suis vraiment perdue dans mon esprit. Encore. Au moins, je ne pense pas être aussi bas qu’en août dernier : à ce moment-là, il semble que j’aie frôlé la dépression à cause de ma situation financière (incapable de trouver un emploi et aucune aide financière pour mon retour aux études… dans l’espoir d’avoir plus de chance de trouver un emploi – #FML).

    • Hello Jule !
      Merci pour l’article, j’ai été le lire et il est vraiment intéressant !
      J’espère que ta situation s’arrangera vite, ce n’est pas facile ces espèces de périodes d’entre-deux où on ne sait pas encore où on va !
      Quoi que tu fasses, les heures investies dans ton blog ne seront pas gâchées, tu auras inspiré et appris beaucoup des choses à beaucoup de gens et ça c’est inestimable ! Peut-être que ton expérience de blogueuse pourra t’aider à rebondir dans un autre domaine ? Moi j’ai pu trouver un stage dans un journal éthique, et maintenant je travaille avec un projet de maison d’édition alternative, par exemple 🙂
      Je te souhaite plein de beau, et je suis sûre que tu trouveras ! J’adore te suivre depuis plusieurs années maintenant et ton parcours m’impressionne alors même si ce n’est pas simple, je sais que tu rebondiras 🙂

      Bonne journée !

  4. Coucou 🙂
    J’avoue que ça fait bien des années (heureusement pour moi !) que je ne me suis pas sentie aussi mal que ce que tu décris. Mais il m’arrive encore, quand je me pousse un peu trop, de finir par craquer, et de ne plus être capable, pendant une journée ou deux, d’autre chose que rester au lit devant des séries à n’avaler que des tablettes de chocolat (si j’ai le courage d’aller les chercher ^^). J’ai mis longtemps à comprendre que dans ces cas-là, le seul moyen d’aller mieux est de se laisser aller à ce que le corps et l’esprit nous disent : arrête tout, débranche tout ce que tu peux là-haut, et surtout ne culpabilise pas. Il faut prendre ces moments de vide pour ce qu’ils sont : indispensables si on veut pouvoir repartir du bon pied demain. Du coup maintenant, une ou deux fois par an, Chouchou sait que je ne vais pas venir au taff parce que je dois absolument passer la journée au lit devant Grey’s Anatomy, et ça va, il comprend ^^
    Prends bien soin de toi, repose-toi autant que ce que ton corps et ton esprit l’exigent, et remercie-toi pour ce temps que tu t’accordes 🙂
    Bisous !

    • Bonjour !
      Merci beaucoup de partager ton expérience !! Même si cela t’a pris du temps, ça donne de l’espoir de voir quelqu’un qui réussit à prendre en compte ce genre de moments sans se juger 🙂
      Ca me conforte dans l’envie d’accepter ces moments down chez moi et de prendre mieux soin de moi 🙂

      Merci merci merci !
      Passe une bonne journée 🙂

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