Vaincre la douleur de vivre

[TW : stress post-traumatique, pensées suicidaires, dépression] 
Depuis aussi loin que je m’en souvienne, déprime, dépression, pulsions auto-destructrices et pensées noires ont fait partie de ma vie.

Parfois elles prenaient des vacances pour un temps, mais jamais plus de quelques mois. Le stress post-traumatique les avait éclipsé mais maintenant que je vais mieux de ce point de vue, je pensais avoir régler la question.

Je vais bien maintenant, j’ai fait face à ce qui me rongeait donc bye bye les épisodes dépressifs, non ? Non. Et cela a été particulièrement difficile à accepter.

Après m’être rendu compte que cette part sombre de moi n’avait pas disparu, pas même diminué, ça a été la chute. Je reprenais à peine une vie à peu près normale après le stress post-traumatique, j’allais mieux, mais soudainement, les pulsions auto-destructrices et les pensées suicidaires reprenaient le dessus, avec une intensité que je n’avais plus connu depuis 7 ans.

J’étais abasourdie, déçue de moi-même, persuadée que c’était de ma faute. Mais après tout ce que j’avais traversé, après l’enfer du stress post-traumatique, hors de question de baisser les bras alors j’ai fait ce que j’ai appris à faire depuis le collège : je me suis battue. 

Je ne compte plus le nombre de fois dans ma vie où j’ai dit que ma vie était un combat quotidien, et que je voulais que ça cesse. Que j’étais épuisée et que j’avais besoin de me reposer. Mais abandonner n’était pas pour autant dans mes plans. Il y avait deux entités luttant en moi : la suicidaire et l’amoureuse de la vie. Jusqu’à présent, l’amoureuse de la vie avait toujours gagné mais elle était inquiète qu’un jour de faiblesse, la suicidaire prenne le pas, inquiète de perdre le contrôle une seconde de trop. Et c’est l’angoisse. Vouloir mourir et vouloir vivre, tout à la fois, se croire folle, se sentir seule, s’épuiser à lutter. 

Ces derniers temps, les nombreux changements de ma vie m’ont propulsé loin de ma zone de confort et loin de mon réseau de soutien. Malgré mon amour pour mon nouveau pays, j’allais mal, je ne dormais plus, fixais le plafond pendant des heures plutôt que de bouger de mon lit pour me blesser.

Aller en cours, sortir du lit, simplement, devenait un effort surhumain. Et je me regardais sombrer, atterrée, interdite.

Tout devenait un effort, même ce qui me réjouissait tant auparavant. Voir mes amis m’épuisait, parler à mes proches français drainait mon énergie. Manger, ranger, étudier. Tout était douloureux. Et je me sentais seule, profondément seule malgré tous les gens qui m’entouraient.

Et puis un soir, épuisée, je me suis laissée aller à la douleur. J’ai accepté que j’allais mal, parce que je n’avais plus le choix et que c’était la seule solution pour ne pas céder aux pulsions morbides.

Et j’ai cherché de l’aide. 

Et ce que j’ai trouvé, c’est une vidéo :

On living with depression and suicidal feelings par Sami Moukaddem

Un psychologue génial, qui a soigné ses traumas sans médicaments et vit avec les pensées suicidaires depuis 30 ans, qui nous explique comment il fait.

Il compare les pensées suicidaires aux vagues de l’océan. Le premier réflexe c’est de lutter contre, mais on s’y épuise et c’est comme ça qu’on finit par se noyer. La solution est en fait contre-intuitive : se laisser flotter en attendant qu’elles nous déposent sur le rivage.

Cette vidéo a été pour moi un véritable déclic. J’ai pleuré de soulagement.

Pourquoi ? J’avais toujours vu la Eleama suicidaire comme une ennemie, un problème à faire disparaître et la lutte sans fin m’épuisait effectivement. Soudainement, je voyais les choses d’un autre angle : elle était là, et manifestement, lutter n’était que d’une efficacité limitée. Mais je pouvais l’accepter, la reconnaître et développer des stratégies de survie pour les fois où elle se pointerait dans ma vie.

Je pouvais enfin faire quelque chose, j’avais enfin le pouvoir de m’aider moi-même, et le droit de me reposer. Un panel de nouvelles options s’ouvrait à moi. 

Je pouvais accepter de rester au lit toute la journée si j’en avais besoin, et le voir comme un repos nécessaire plutôt qu’une défaite. Et c’était la porte ouverte à un nouvel équilibre, qui prenne en compte toutes mes différentes facettes, et pas seulement celles qui m’arrangent.

 

Et toi, tu vis comment tes phases de déprime ? Tu as des astuces, des stratégies ? Ça t’intéresse que je te parle plus de mes stratégies et routines self-care ?
N’hésite pas à me laisser des commentaires, j’y répondrai avec plaisir 🙂

Eleama O.

 

P.S. : Le blog va probablement s’orienter davantage sur les thématiques self-care après avoir beaucoup tourné autour de l’écologie, simplement parce que c’est ce qui m’intéresse le plus en ce moment. J’espère que ça te plaira !

 

 

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5 réflexions sur “Vaincre la douleur de vivre

  1. Je n’ai jamais vécu de SPT, mais je me reconnais bien dans ce que tu écris. J’ai eu une période dépressive il y a quelques années, et quelques épisodes de déprime avant et après et, j’ai beau être heureuse dans ma vie, il y a des moments (comme exactement maintenant, d’ailleurs), où je coule un peu, sans trop de raisons, je me sens juste mal de vivre dans ce monde tout moisi avec tous ces gens trop cons qui sont supposés être mes semblables… ^^
    J’ai toujours eu tendance à y réagir exactement comme dans ton image : j’essaie de forcer à travers les vagues et je m’épuise en vain, jusqu’à ce que je me rende compte que ça ne sert à rien et que je finisse par me laisser flotter jusqu’à ce que ça aille mieux. En général, ces épisodes peuvent durer de quelques jours à quelques semaines, puis, quand je lâche, que je me prends un jour off à regarder des séries au fond de mon lit sans penser à rien, pouf, le moral remonte en un jour ou deux. Le plus difficile dans tout ça est de lâcher prise, d’accepter de ne pas être parfait, d’aller mal, même sans forcément de bonne raison, et de toucher le fond pour mieux rebondir dessus.
    En tout cas, moi ça m’intéresse des articles sur ces thématiques (même si l’écologie m’intéressait tout autant !) 🙂

    • Merci pour ton commentaire !
      Oui, je pense aussi que lâcher prise est le point le plus compliquéaid aussi essentiel.. Et exactement comme tu dis, accepter de ne pas être parfait, et d’être faible et/ou triste parfois.

      Contente que ça t’intéresse, du coup d’autres articles suivront ! Évidemment, l’écologie me passionne toujours et il y aura probablement toujours des articles à ce sujet mais je ne sais pas à quel rythme 🙂

      A bientôt !
      Encore une fois merci d’avoir pris le temps de commenter, ça m’a fait plaisir et c’était intéressant 🙂

  2. Hello! Merci beaucoup pour ton article déjà, je me reconnais pas mal dans ce que tu dis, et voir comment tu y fais face me permet de remettre en question mes propres techniques de barbare, alias lutter contre et bourrinner. Le lâcher-prise est quelque chose qu’il serait temps que j’expérimente^^ Ensuite merci aussi parce que ce n’est pas forcément facile de parler de ce genre de chose à des personnes visibles ou invisibles. Je deal moi même avec un SPT et j’ai du mal avec la parole. En tout cas, d’autres articles à thématique self-care m’intéresseraient beaucoup! Merci encore à toi!

    • Ce n’était effectivement pas un article facile à écrire ni à publier mais rien que pour ce que tu viens de me dire, je sais que ça valait la peine.
      Reste dans le coin, y aura d’autres articles self-care et probablement un sur comment j’ai avancé dans mon spt. Même si chacun-e fonctionne différemment ça te donnera peut être des nouvelles pistes ?
      Et puis hésite pas à me contacter pour en parler davantage si tu veux !
      Prends soin de toi en tout cas et merci pour ton commentaire ❤

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