Mars : Apprendre à connaître, respecter et protéger les animaux

Ce défi était pour moi très différent des précédents. En effet, contrairement aux problématiques de janvier et de février qui étaient relativement nouvelles pour moi, j’avais pour celle-ci, déjà une réflexion bien entamée.

ecodefimars
Mais cette familiarité m’a semblé à double tranchant : d’un côté j’étais bien plus à l’aise pour partager des informations sur le sujet, de l’autre j’ai eu peur de ne pas apprendre ou avancer… Au premier essai de rédaction de cet article, je ne savais d’ailleurs pas quoi dire… Mais en y repensant plus sérieusement, je me suis rendue compte que j’avais appris ce mois-ci quelque chose d’encore plus important que ce que les défis précédents avaient pu m’apporter…

Tout est plus compliqué qu’on ne le croit

Dans le cadre d’un mode de vie vegan, il y a des règles qui reviennent habituellement. Là où l’humain trouve une utilité à un animal non-humain (se nourrir, s’habiller, se divertir, travailler), il y a exploitation. C’est vrai, bien sûr, mais certains cas ne sont pas aussi clairs… Où s’arrête la collaboration et où commence l’exploitation ? Comment déterminer précisément et sans savoir clairement communiquer avec l’animal non-humain, s’il est heureux en notre compagnie ? Dans le cadre des industries agroalimentaires par exemple, la réponse est simple : la situation est éthiquement inacceptable. Mais prenons le cas d’une poule vivant avec une famille humaine, aimée et choyée par ses humains qui mangent pourtant ses œufs. Est-il ici inacceptable de consommer un œuf ? La question se pose, je pense, et je n’en ai pas la réponse. Et un cheval qui partage la vie d’un humain, qui le monte et le fait travailler ? Comment savoir s’ils nous aiment comme on les aime et si leur vie avec nous leur plaît ? Voilà qui aide à prendre du recul, et à se remettre en question.

compassion

Chacun a un point de vue différent

Pour nourrir le débat, Natasha d’Échos Verts n’a pas hésité à nous livrer des témoignages très divers. La question du défi étant profondément éthique et philosophique, il a semblé, comme pour toutes les autres questions de cet ordre, qu’il est difficile d’arriver à un consensus. La diversité des témoignages et des opinions m’a marquée car ils m’ont fait voir que chacun d’entre nous, en fonction de ses expériences, construit une relation différente aux autres espèces. Je n’ai pas toujours été en accord avec les personnes questionnées, mais j’ai toujours compris leur raisonnement et leurs arguments. Je pense que cela m’a été bénéfique dans le sens où j’ai compris une chose essentielle : Je ne détiens pas la vérité absolue. Cela parait simple mais j’avais besoin qu’on me le rappelle, je crois. Le défi m’a donc rappelé l’importance d’être humble et de respecter l’autre et ses idées.

earthlings

De l’importance d’un questionnement sans cesse renouvelé

Les différents articles m’ont fait revenir sur beaucoup de questions que je pensais réglées. Le défi m’a rappelé la complexité du sujet, où il est souvent plus question de nuances que de certitudes, entre l’acceptable, le souhaitable et l’inacceptable. Il m’a permis de redécouvrir qu’il ne fallait pas se fixer de règles immuables, de ne rien condamner ou accepter en bloc mais de toujours m’arrêter pour réfléchir à la situation précise, de garder ma réflexion sans cesse en marche, tournée vers l’autre sans protéger mon confort.

Je ne suis pas infaillible, mais ce qui compte c’est de toujours essayer de faire au mieux et cela implique de ne pas remplacer un comportement automatique par un autre, de ne pas figer la réflexion, de toujours continuer d’apprendre de ceux que je rencontre et tant pis pour mon confort.

amourhumainanimal

Bilan

Avant cet éco-défi, j’avais déjà beaucoup réfléchi à la place des animaux dans ma vie, aux notions comme celle de spécisme par exemple. Ce n’est donc pas sur ce plan là que j’ai le plus appris, mais plutôt sur moi-même, ma manière de réfléchir et d’agir. Je pense y avoir gagné en humilité, et je crois que j’en avais franchement besoin. J’ai réfléchi sur moi, remis en question mes idées qui commençaient à se transformer en dogme figé, pour me rendre compte de l’importance de ne pas m’asseoir par confort sur un nouveau socle d’idées immuables venu remplacé le premier et de toujours me remettre en cause. Je suis donc très heureuse d’avoir participé à ce défi de mars qui m’a remis les pieds sur terre !

Mon seul « regret », mais le terme est un peu fort, c’est que j’ai eu l’impression que beaucoup des participant-e-s de ce mois-ci étaient déjà avancé-e-s sur le chemin de la réflexion, beaucoup déjà végéta*iens et il aurait été encore plus intéressant d’avoir plus de « débutants » disons, ou en tout cas de gens ne s’étant jamais vraiment posé de questions à ce sujet pour enrichir encore le débat.

Malgré ce mini point négatif, c’est un bilan largement positif mais aussi assez inattendu que je retire de l’éco-défi de mars !

RDV dans un mois pour parler de mes avancées vers une cuisine éco-éthique et minimaliste 😉

Eleama O.

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4 réflexions sur “Mars : Apprendre à connaître, respecter et protéger les animaux

  1. Salut humble Eleama O. 😉 !

    J’espère qu’avec ce commentaire je ne ferai pas partie de ces « personnes » que tu décris dans ton article de Fevrier 🙂 : « ceux qui te disent que ça ne sert à rien, que tu es trop naïve, […] ceux […] qui pointent tes contradictions pour te prouver que tes efforts sont inutiles ».

    Je ne vais pas dire que ta démarche « ne sert à rien », bien au contraire :D, remettre en cause ses idées est vraiment un perpétuel moment important dans sa vie (ce que tu appelles « l’importance d’un questionnement sans cesse renouvelé ») !
    Tu évoques d’ailleurs ici, au passage, l’idée du dogme et je suis contente que tu abordes le sujet car remplacer un dogme par un autre, c’est souvent ce que je reproche aux végétariens (même si dans ton cas tu ne passes pas d’un dogme « carniste » à un dogme « végétarien »). Par contre, je trouve dommage que tu n’approfondisses pas plus sur le sujet car, comme tu l’as dit, « tout est plus compliqué qu’on ne le croit » et je pense que cela aurait été enrichissant, à la fois pour les végétariens et pour les rares carnistes, OVNIs, qui visitent ton blog.

    J’aime vraiment ton exemple de la poule vivant avec une famille humaine : logée et nourrie. Personnellement ma réponse est « oui » : en échange, consommer son œuf qui de toute façon n’est pas fécond (à moins que le invisible-coq se trimbale dans le coin :P) n’est pas inacceptable mais juste une façon de ne pas gâcher ce qui est donné. Aimer une poule et manger ses œufs n’est pas incompatible. Avant même de prendre en compte le côté affective de la chose, il s’agit d’un échange. Après, peut être qu’aimer sa poule est un amour à sens unique, dans ce cas nous serions les grand perdant de cette affaire :(.

    Je pense que nos relations avec les animaux s’équilibrent et sont calquées sur nos relations avec les hommes. Tu dis que « là où l’humain trouve une utilité à un animal non-humain (se nourrir, s’habiller, se divertir, travailler), il y a exploitation » mais ne pourrait-on pas utiliser le terme « homme » ou simplement « être vivant » à la place ? Je trouve que se limiter aux « animaux non-humains » empêche de mener une réflexion complète.
    Finalement, ces éco-défis nous aident-ils ou nous limites-ils à un cadre de pensée ? Tu y réponds toi-même en disant que « ce défi était pour [toi] très différent des précédents [car] contrairement aux problématiques de janvier et de février qui étaient relativement nouvelles pour [toi], [tu avais] avais pour celle-ci, déjà une réflexion bien entamée » :).

    • Bonjour !
      Ça va commencer à devenir une habitude tes commentaire sur mes articles, j’aime beaucoup ! 😀
      Tout d’abord sache que mes visiteurs carnistes sont bien plus nombreux que mes visiteurs végés (même si ces derniers sont bien plus actifs ! :P) mais au fond on s’en fiche !
      Je ne me suis pas étendue sur le sujet car je ne pense pas être encore assez avancée dans ma réflexion pour le développer convenablement mais je note dans ma liste d’articles à faire de reprendre ce point plus précisément quand je me sentirai prête 😉
      L’exemple de la poule me paraît en effet particulièrement frappant et c’est celui qui a amorcé le « declic » : je suis contente qu’il te parle aussi ! Je suis assez d’accord avec ton argument de « ne pas gâcher ce qui est donné » mais de mon côté je crois que j’ai besoin de connaître plus précisément ce que ça engendre pour la poule avant de faire un choix (peut être rien… Auquel cas j’adhère totalement à ton opinion !) Je crois que j’ai besoin d’être une spécialiste pour me décider, mais être spécialiste de tout, c’est compliqué… D’où ma tendance à céder à la facilité et à me créer un « dogme » confortable. Je comprends d’ailleurs que tu le reproches aux végétariens, cela dit je ne suis pas sûre que ce soit moins vrai chez les carnistes, je pense que c’est simplement un défaut humain (ce qui ne veut pas dire qu’il ne faut pas essayer de le dépasser !) Mais en même temps, que c’est fatiguant parfois d’être toujours dans une incertitude déconcertante et que c’est dur de ne pas se laisser aller à se reposer sur de confortables certitudes construites… Je crois qu’il est inévitable que ça arrive parfois, mais l’important est de s’en rendre compte et de se remettre en mouvement !
      Je trouve ta réflexion sur le parallèle entre nos relations aux humains et aux animaux non humains très pertinente ! En effet, je ne vois pas comment un humain qui n’a pas de sensibilité envers les gens de son espèce pourrait en avoir pour les autres espèces. Inversement, j’ai du mal à penser qu’on puisse compatir avec un animal et n’avoir aucune sympathie pour l’homme (il y a bien les misanthropes mais j’ai du mal à cerner le problème… Détester son espèce, n’est-ce pas un peu hypocrite ?)
      Quant à la dernière partie de ton commentaire où tu voudrais étendre à « être vivant », j’avoue ne pas bien saisir ! Tu voudrais bien me réexpliquer ? 🙂
      Quant au cadre des eco-defis, je pense que c’est inévitable qu’ils s’ancrent dans un cadre de pensée défini puisque c’est créé par un humain comme les autres et qu’il est dur de s’extraire de ses schémas ! Cela dit, je crois sincèrement que des efforts sont faits chaque mois pour proposer une très grande diversité de témoignages, avec lesquels la créatrice du concept n’est pas toujours d’accord, afin d’élargir le débat et de ne pas s’enfermer dans un schéma particulier et je trouve cela très honorable 🙂

      Au plaisir de te lire et bonne soirée 🙂

  2. Yo ! (-lo)

    Tu ne veux pas t’étendre sur un sujet que tu ne maîtrises pas et je comprends cela :), cependant je pense que l’incertitude fait partie de la réflexion et que proposer/partager à tes lecteurs tes questions et peut être plus enrichissant que les réponses seules.

    Pour ce qui est des poules, tu n’auras jamais moyen de savoir directement si manger leurs œufs laisse des séquelles psychologiques mais :
    1. une poule ne couve pas toujours ses œufs (en fait la plupart du temps elle n’en à rien à faire puisque « ces derniers sont en réalité des ovules, fécondés ou non, recouverts d’une coquille qui sont expulsés ») ;
    2. tu peux toujours agir par analogie pour essayer de comprendre les poules (succès non garantie 😉 ) !
    Peut d’études semblent avoir été faite sur la psychologie des poules en particulier (les grandes laissées pour compte) : http://www.guichetdusavoir.org/viewtopic.php?t=39931.

    Pour ce qui est de l’expression « être vivant », c’est juste qu’elle regroupe les êtres humains et les animaux sans faire de distinction. Que sont les misanthropes sinon de grands idéalistes déçus (je pense notamment à Alceste) ?

    • Bonjour !
      Merci pour cette première blague de ma journée x)
      Je retiens ta réflexion quant aux articles plus axés questionnement que réponse… J’avoue être mal à l’aise d’écrire comme cela mais tu as raison, ça peut être intéressant !
      Merci pour les quelques infos, c’est très gentil, je vais aller voir ça de plus près 😉
      Quant au terme « être vivant », le « problème » est qu’il regroupe aussi la vue végétale ! On pourrait dire « être sentient » qui serait sans doute plus proche de ce que tu veux dire mais on tombe dans du vocabulaire peu connu ! :/
      Tu gagnes un point sur les misanthropes mais c’est justement ça qui me les rend désagréable : Plutôt que de détester les humains et de s’en éloigner, pourquoi ne pas faire des choses pour que ce qui déplaît chez l’humain s’atténue petit à petit ? La fatalisme m’exaspère (mais ça ce n’est que moi ;D)

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