Changer le monde en 5 étapes : Adolescence

Par Eleama O.

Après un premier article sur le sujet, il est temps de revenir sur les étapes 3 et 4 qui vous mèneront, je l’espère, à vous sentir pousser des ailes et « être le changement que vous voulez voir dans le monde«  comme dirait mon ami Gandhi ! Ainsi, après avoir pris conscience des travers de ce monde et s’être révolté contre le système, il est temps de se poser pour réfléchir à ce qui vous convient et ce que vous voulez vraiment. Peut-être que cela ne changera que peu de choses à votre engagement, ou peut-être que ça vous amènera à une refonte complète, qui sait ?

changer le monde

Étape 3 : Réflexion approfondie

Cette étape-là consiste à dépasser la colère, s’en affranchir. Souvent, elle implique une certaine remise en cause de l’engagement, pas dans le sens d’une remise en cause de la légitimité de cet engagement mais plutôt de la manière de vivre celui-ci. Je trouve qu’on peut voir assez clairement cette étape dans le livre de Béa Johnson, Zéro Déchet. Il y a de nombreux passages où elle explique être revenue de certaines pratiques « too much » dans sa recherche du Zéro Déchet, avec le temps. Au départ, on teste tout, on veut mettre tout en place d’un coup, y aller « à fond » mais ce n’est pas forcément ce qui nous convient le mieux et une réflexion se met alors en place pour déterminer ce qu’on veut vraiment faire au quotidien, et ce qui ne nous convient pas. Cet article d’Antigone XXI « Faut-il manger sain à tout prix ? » le montre assez clairement aussi, je trouve. Il s’agit en quelque sorte de repenser son engagement pour lui donner la place juste entre nos convictions et nos priorités, et l’intégrer de manière harmonieuse dans notre style de vie. Certains sont prêts à en faire plus que d’autre, et chacun doit se respecter et faire ses propres choix. En faire moins n’est pas forcément moins bien, et surtout, ce n’est pas un choix définitif et fixe. Tout comme nos priorités sont susceptibles d’évoluer, nos choix de vie peuvent se modifier avec le temps. L’important est de remettre en cause sa façon de faire, pour arriver à celle qui nous convient le mieux.

Au début de mon végétarisme par exemple, je prenais pour comptant tout ce que je lisais, et appliquait ce qu’il « fallait faire » sans réfléchir à ce que je pensais, moi. J’ai aussi tout fait très vite, et mangé n’importe comment par manque de connaissances sur où trouver les produits dont j’avais besoin. Je changeais pour changer, sans réflexion. Et puis j’ai commencé à me questionner de plus en plus, à penser au véganisme, à me demander ce que je pensais de la question des zoos, des cirques, du miel, de l’équitation, à m’approprier vraiment la réflexion végétarienne, à créer la mienne propre, sans juste suivre ce qui se disait autour de moi.

Quant à Je Suis Indestructible, je pense que c’est d’autant plus flagrant. En découvrant l’étendue du problème, je me suis jetée à corps perdu dans une vision féministe des problématiques de violences sexuelles qui traitent le viol comme une violence patriarcale et se centre sur les victimes féminines (ou qui parfois pour les extrémistes bêtes, tombent dans le man-bashing… Oui, ça existe, oui j’en ai vu, non ce n’est pas acceptable). Je disais ce qu’il fallait dire, ce qu’il était bien vu de dire dans ce milieu presque exclusivement féministe. ET PUIS. Et puis j’ai vu la souffrance des victimes masculines qui parfois se sentaient niés par cette vision féministe du viol. Oui, le viol est une violence patriarcale. Mais pas que. C’est plus complexe que ça à vrai dire. J’ai donc commencé à réfléchir plus sérieusement et à remettre en cause ma façon de voir les choses (ce qui a d’ailleurs occasionné quelques frictions avec certaines personnes autour…).

Pour l’un comme pour l’autre, je ne me sentais pas assez légitime au début, en tant que « débutante » pour développer ma propre pensée et j’acceptais les doctrines existantes sans trop de questionnements, à la fois par peur de me tromper et pour être acceptée. Maintenant que j’ai mûri, et mon engagement avec, je suis plus sure de moi et j’ose m’affirmer. Je réfléchis et je crée mon propre engagement, qui me ressemble et respecte mes valeurs.

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Étape 4 : Vivre en accord avec ses valeurs

Après avoir mûrement réfléchi à vos propres convictions sur les sujets qui vous tiennent à cœur, il est temps de passer à l’étape supérieure, et de rendre vos réflexions plus concrètes. Il me semble que cette étape ne s’achève jamais mais, tout comme la précédente, est en constante redéfinition en fonction de l’évolution des valeurs et priorités de chacun. Après avoir réfléchi, s’être approprié la pensée de notre cause, avoir fait le tri de nos idées, et défini ce qui nous touche ou pas et ce pourquoi nous voulons nous engager vraiment, le moment est venu de traduire ces idées en actes pour concilier notre mode de vie et nos valeurs et vivre réellement en accord avec nous-même. Évidemment, il n’existe alors rien d’obligatoire, à faire à tout prix puisque c’est à chacun de se fabriquer son harmonie en fonction de lui-même. Pour certains, ce sera peut-être de manifester régulièrement pour défendre la cause qui lui tient à cœur, pour d’autres, d’appliquer ses principes dans l’intimité du foyer, sans faire de vagues. Ni l’une ni l’autre de ces propositions n’est bonne ou mauvaise, meilleure ou pire, tout dépend des besoins et personnalités de chacun. Tout est acceptable tant que cela se fait dans le respect de l’autre et de soi-même.

De mon côté, j’ai d’abord choisi le végétarisme pour des raisons écologiques et être en accord avec ses valeurs-là. C’est donc autour de cette volonté que j’ai organisé les changements, en achetant aussi plus de bio et de local, et puis du vrac en m’inspirant du Zéro Déchet par exemple. Mais j’ai découvert et appris, mes valeurs ont évolué vers le respect de la vie et la compassion, contre le spécisme aussi, et le végétarisme n’était plus suffisant. J’ai donc décidé d’engager une transition vers le véganisme, et de prendre mon temps car au vu de mon mode de vie actuelle, je ne me sens pas prête à arrêter d’un coup tout produit animal et encore moins à imposer ce choix à mon entourage qui fait déjà de gros efforts pour s’adapter à mon végétarisme. Alors plutôt que d’entrer en révolte comme je l’ai fait avant, je décide de vivre cette transition en la fondant sur le plaisir et la découverte et d’opérer le basculement complet une fois que j’aurais trouvé des solutions adaptées à mes besoins pour TOUT ! Dans cette optique, je vais bientôt passer ma première commande sur Un Monde Vegan ! Et j’ai déjà commencé à tester des recettes (pas toujours concluantes…) Ainsi, la transition se fait sans heurts, de manière plus sereine et sans me sentir privée à aucun moment !
Quant à JSI, c’est plus compliqué. Si j’ai remis en cause certaines choses, je cherche encore comment mettre en place les changements, notamment en axant moins sur la dénonciation mais plus sur des aspects positifs, comme la proposition, en remplaçant par exemple la dénonciation de la culture du viol par la création d’un nouveau modèle de culture du consentement. Mais l’exemple du végétarisme me semble plus pertinent car plus abouti quant à ma propre démarche 🙂

Dans quelques semaines, j’aborderai ici la dernière des 5 étapes pour changer le monde !
En attendant, n’hésitez pas à réagir, me faire part de vos propres expériences, votre avis… C’est toujours un plaisir d’échanger avec vous !
Et vous, où en êtes-vous dans votre démarche pour changer le monde ?

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4 réflexions sur “Changer le monde en 5 étapes : Adolescence

  1. Article très intéressant. Je ne sais pas si on pourra changer le monde globalement. Par contre par notre engagement et notre exemplarité dans nos modes de vie, je pense qu’on peut impacter pas mal de monde localement, autour de nous.
    Pour ma part, mon végétarisme a déjà impacter quelques personnes : mon homme et mon fils mangent beaucoup moins de viande. Un collègue n’en achète plus mais continue d’en consommer seulement dans un contexte social. Et le mode de vie fait son chemin dans la tête de plusieurs amis.

    J’ai l’impression que lorsqu’on arrête de manger des animaux, notre évolution spirituelle est plus rapide. Pour ma part, j’ai intégré plus facilement les valeurs de compassion, de respect, d’humilité. Je ressens moins de colère à l’égard de mes congénères. Je me sens un peu plus alignée sur mon vrai moi, plus en phase avec mes désirs, mes objectifs.
    Pour apporter ma pierre sur JSI, je connais le problème du viol pour en avoir vécu un moi-même. Je trouve que c’est bien de faire ce que tu fais mais comme tu le dis, c’est un chemin difficile qui ne doit pas tourner au men bashing. Le problème est émotionnel. Comment affirmer son indestructibilité sans colère et dans l’amour de l’autre ? Si déjà on apprenait à s’aimer soi-même en prenant en compte notre traumatisme, en l’acceptant, peut-être qu’on pourrait pardonner à l’autre et l’aimer dans son niveau de conscience ?
    Je ne sais pas si je m’exprime bien, il est 4h du mat, j’ai la grippe et a me relire on dirait que j’ai fumé un gros bedot… Bref PEACE WOMAN !

    • Je pense qu’on peut changer le monde globalement parce que chaque individu qui avance dans son engagement en inspire d’autres qui le suivent puis en inspirent d’autres, etc ! A la fin ça fait beaucoup de monde mais le changement se fait petit à petit 🙂

      J’ai la même impression que toi mais je ne sais pas si c’est à imputer sur l’arrêt de la consommation de viande en tant que tel ou plutôt le début d’une prise de conscience qui en amène beaucoup d’autres !
      Quant à JSI, je suis absolument d’accord avec toi et je pense qu’en mettant des mots sur une impression que j’ai du mal à définir tu viens de me faire avancer d’un grand pas ! Merci à toi de tout coeur ! Et si tu as besoin de soutien pour gérer le traumatisme, ou si tu veux simplement partager tes impressions quant à la façon positive d’affirmer son indestructibilité, tu seras là bienvenue dans la communauté et le safespace 🙂

      Merci vraiment de ce beau commentaire et remet toi bien de ta grippe ! 🙂

  2. Merci à toi !
    Le traumatisme je l’ai reconnu et accepté. Il a longtemps résonné dans ma vie et je pense qu’on est obligée de se construire autour de ça.
    Il m’a aussi permis d’avancer à coups de colère certes mais j’avoue que c’est très difficile de survivre sans cette émotion dans un premier temps.
    Maintenant, j’ai remplacé la colère par la compassion et ça me donne vraiment un autre visage. Tu m’as donné une idée d’article mais je ne pourrais pas le publier sur Bienheureusement, est ce que tu serais intéressée ?

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