Immortel Charlie

victimescharliehebdo

Par OihanaSymphony

J’ai été choquée, en rentrant des soldes, d’apprendre sur les réseaux sociaux qu’un attentat avait eu lieu chez Charlie Hebdo, faisant au moins douze morts. A vrai dire, je n’ai pas été surprise que l’on prenne ce journal satirique pour cible. Avec ses publications courageusement insolentes, le journal avait de quoi s’attirer quelques inimitiés. Mais un attentat qui s’en prend directement aux personnes, faisant des morts, donne une toute autre mesure à l’affaire. Qui ne connaissait pas Charb ou encore Cabu ? Ne serait-ce que de nom ? J’ai été sonnée et abasourdie un moment, alors que je surfais sur le net pour en apprendre plus. Au-delà de s’attaquer à un journal, les auteurs du massacre se sont attaqués à une nation toute entière. Ils se sont attaqués à notre liberté de la presse, notre liberté d’expression, bref, aux fondements de la République Française. Bref, ils se sont attaqués à chacun de nous, en quelque sorte, et bien que nous n’ayons pas été touchés par des balles, nous sommes tous concernés. Car c’est le peuple français que l’on cherche ici à opprimer et à terroriser. Bref, les événements valent la peine que l’on s’indigne, qu’on les condamne et que l’on fasse preuve de solidarité, d’unité, pour montrer que, en mettant 12 personnes à terre, ils ont mis 66 millions de Français debout, et que nous ne nous laisserons pas abattre. J’ai été agréablement surprise, voire touchée, de voir la mobilisation des français, leur consternation. Pour la première fois depuis longtemps, j’ai senti que tout le monde était d’accord et que nous étions tous unis. J’ai été très émue de voir Matthieu Madénian apprendre en direct la mort de Charb et Cabu sur Canal +, et d’entendre des gens, aux événements de rassemblement, me dire que Charlie Hebdo, « c’est (leurs) 20 ans, c’est tout un symbole. ». Car oui, Charlie Hebdo est un symbole. C’est le symbole de la liberté, de la satire à la française. En France, on rit souvent de tout. Mais on ne rigole pas avec la liberté. Et si on me demande où est Charlie, je vais vous dire qu’il est là, encore debout, qu’ils ne l’ont pas vaincu, et que j’ai 66 millions de français pour le prouver.

07844085-photo-je-suis-charlie

Par Eleama O.

J’aurais voulu écrire hier. Je n’ai pas pu. Abasourdie, choquée, je n’arrivais pas à réaliser : 12 morts, un attentat en France, un journal décapité. C’était trop. Mais aujourd’hui, je veux rendre hommage.
Je l’ai appris en sortant de cours. Il était 14h et une camarade de classe venait de recevoir l’info par SMS : « Oh, y a eu un attentat, au moins 12 morts ! » Une phrase trop petite pour contenir tout ça, je n’ai pas réalisé. Puis un surveillant, cinq minutes plus tard : « Vous êtes au courant ? La plupart des dessinateurs sont morts ! » Quoi ? Ce n’est pas possible, je ne peux pas y croire. Alors je pense à autre chose, je regarde ailleurs. Je rentre chez moi, je poste l’article prévu, je travaille pour mes cours et il est presque 18h quand je m’autorise à y penser. Je vais sur les réseaux sociaux, et ça me donne envie de hurler. ILS. SONT. MORTS. Tous les articles, toutes les images, partout. #JeSuisCharlie. Je découvre l’ampleur des dégâts. Je me sens en décalage avec l’article posté un peu plus tôt. Je pense aux familles, je pense aux amis, je pense à toute la France en deuil.

Il y avait un rassemblement dans ma ville. Je n’y suis pas allée, pensant qu’il serait bien maigre, comme à chaque fois et que ça me déprimerait. Il était gigantesque. J’ai regretté d’être restée chez moi, seule avec ma colère, seule avec la tristesse. Je pleure souvent devant les infos, pour une fois je n’étais pas seule. Mais je ne sais pas si je dois m’en réjouir.
Je lisais parfois Charlie Hebdo, pas tout le temps, pas toutes les semaines, parfois. Il y avait des choses qui me plaisaient, comme le fait que ce soit un des rares journaux à réserver toujours une colonne aux droits des animaux. Il y avait aussi bien des choses qui ne me plaisaient pas et me faisaient grincer des dents. Car oui, Charlie Hebdo a souvent été critiquable. Mais ce genre de choses se règle par un procès, pas une attaque à la kalachnikov.

Ils étaient sous surveillance policière depuis bien longtemps. Rien que ça, ce n’est pas normal. Que le métier de journaliste soit un des plus dangereux du monde, ce n’est pas normal. Qu’un journaliste puisse être tué ou pris en otage dans un pays en guerre, ce n’est pas normal. Mais qu’il puisse être tué à Paris, en pleine journée à la rédaction de son journal, c’est inconcevable.
Cet attentat, c’est le premier en France dont je puisse me souvenir. Cet attentat, c’est une attaque violente contre la liberté d’expression, la liberté de la presse, valeurs fondamentales. J’ai lu des commentaires expliquant que comme ils étaient sous surveillance policière, c’est qu’ils savaient qu’ils étaient en danger, alors c’était leur faute après tout, pourquoi continuer de publier ? Mais parce que si on se couche sous la menace, c’est l’obscurantisme qui gagne ! Ils ont justement eu le courage de leurs opinions, le courage de ne pas poser leurs crayons et de continuer à se battre malgré le danger. Et il se trouve que c’est justement CA le journalisme.
« On a tué Charlie » criaient les meurtriers. Oui. Vous l’avez décapité. Mais à la place de la tête coupée, il en poussera deux autres.

Ce qui m’inquiète le plus, ce n’est pas la mise en danger de notre liberté d’expression. Non. Car face à la menace, j’ai vu tous les français s’unirent derrière Charlie Hebdo, brandirent des stylos, et crier. Charlie n’est pas mort, juste blessé et il se relèvera. Les journalistes n’arrêteront pas d’écrire, le dessin de presse continuera de tourner à plein régime, même endeuillé, SURTOUT endeuillé. Je n’ai pas peur pour ça car je sais que tout le monde se battra et qu’on va gagner.
Par contre j’ai peur que la colère mène certains français à accuser les musulmans. Oui, j’ai peur de l’amalgame parce que c’est ce que cherchaient ces terroristes : Attiser la haine, surtout contre les musulmans pour que ceux-ci les rejoignent dans leur extrémisme meurtrier. J’ai peur qu’ils aient voulu pousser à l’intolérance, et que ça marche. J’ai peur qu’ils aient voulu diviser la France, pour mieux la détruire, peur qu’on assimile à ces actes horribles des milliers de gens qui n’y sont pour rien. Et pour l’instant, il m’a semblé que c’était un échec. Alors, à tous, s’il vous plaît, restez unis, et souvenez-vous qui sont les vrais coupables, où sont les vrais ennemis. Ensemble, il faut faire front pour montrer à ces terroristes qu’ils ont perdu, que Charlie n’est pas mort, que la France est plus forte.

Choisissez l’amour face à la haine !

NOUS SOMMES CHARLIE

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s