J.-M. Cohen « Les Nouvelles Religions Alimentaires »

Aujourd’hui, je voudrais vous présenter une de mes récentes lectures : le livre « Les nouvelles religions alimentaires » du Dr nutritionniste J.-M. Cohen. Ma mère me l’avait acheté au tout début de ma transition végétarienne. Il a reçu de nombreuses critiques, souvent virulentes de la part de la communauté végéta*ienne. Et pour cause, chacun des régimes spécifiques (végés, sans gluten, sans lactose, fruitariens, etc) en prend pour son grade ! Pourtant, ce livre m’a beaucoup apporté.

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Il est divisé en plusieurs parties. La première fait le point sur ces « nouvelles religions alimentaires » et Cohen pointe du doigt ce qu’il considère comme inutile et même dangereux dans les régimes « sans » (sans gluten, sans lactose… sauf cas d’intolérance bien sûr, et il insiste sur le fait que l’intolérance au gluten est très très rare, largement surestimé par les médecins et même de plus en plus remise en cause !) qui sont d’après lui un appel à la suppression de toujours plus d’éléments au détriment de l’équilibre. Et s’il défend la place des produits laitiers dans notre alimentation, ce n’est pas sans rappeler que les doses nécessaires sont minimes à l’age adulte. Puis il s’attaque aux végétaliens auxquels il reproche davantage leur agressivité que le manque d’équilibre, supposé par les non-informés, de leur alimentation. Si ce reproche est une généralisation, on ne peut pas nier que ces fanatiques végés, vraiment minoritaires, sont surtout les plus bruyants et visibles. Comment reprocher cette remarque puisque tout un chacun a déjà eu affaire à un de ces extrémistes pénibles ! Il faudrait la nuancer, mais elle reste pertinente. De tous les régimes abordés, les végétariens sont les moins critiqués et Cohen défend l’équilibre de celui-ci à l’encontre des idées reçues. Eh bien, de quoi se plaint-on ? Ce qui fait ruer dans les brancards c’est souvent ce qu’il attribue comme cause à l’adoption de ces régimes. Il dit par exemple des végétariens qu’ils sont des sortes d’humanistes… Mh, des humanistes bizarres alors parce que notre Descartes national voyait nos amis les bêtes comme des machines à notre service… (CF article précédent!) Enfin. Du discutable, parfois à nuancer mais rien d’aberrant et même des arguments irréfutables ! Un livre à lire avec esprit critique et discernement, mais qui ne manque ni d’attrait ni d’infos pertinentes qui m’ont parfois bien aidé à équilibrer mes menus.

Cependant, si je ne suis pas d’accord avec les nombreuses critiques que reçoit ce livre, j’ai tout de même trouvé la lecture cette première partie très agressive et je comprends tout à fait les les réactions violentes même si je les déplore.

Je voudrais maintenant revenir sur les points qui m’ont semblé primordiaux et intéressants dans ce livre. Au fil des pages, Cohen développe une théorie que je trouve pertinente sur l’apparition de cette pléiade de régimes alimentaires spécifiques. Il voit cette émergence comme une réaction à la puissante industrie agroalimentaire obscure, compliquée et lointaine qui nous dépossède de notre pouvoir sur la nourriture. Manger différemment, un moyen de reprendre le contrôle sur notre assiette, nos vies, notre santé ? Moi, j’approuve, et je me reconnais. Savoir ce que je mange, ça me fait me sentir en sécurité, et plus confiante.

Le second leitmotiv de son livre, contrairement à ce qui est dit par les critiques, n’est pas de condamner les régimes spécifiques, mais simplement de rappeler l’importance fondamentale de l’Équilibre. Un régime spécifique, il n’est pas contre (il nous donne même des exemples de menus végéta*iens, sans gluten, etc équilibrés à la fin de son ouvrage), à condition de se rappeler que la nutrition n’est pas un jeu et repose sur un équilibre qu’il faut à tout prix conserver ! Comment le condamner sur de tels propos ??

Plus loin, il explique les différentes règles délivrées par le ministère de la santé, les « cinq fruits et légumes par jour » par exemple, démontrant en quoi ces maximes sont bien incomplètes puisque ne détaille pas les doses, les façons de les appliquer, etc. Il parle aussi de bien d’autres sujet comme l’addiction au sport, qui est une bonne chose en soi, à condition toujours d’équilibre… Une multitude de sujets intéressants à découvrir dans une œuvre complète et que je conseille. Mais ce n’est pas ces sujets-là qui m’ont vraiment marqués…

Les derniers chapitres du livre de Cohen sont consacrés au lien entre nourriture et… Amour ! De très belles pages, inspirantes et motivantes. Il y remarque par exemple les similitudes entre le vocabulaire affectif et celui de la nourriture : « Tu es belle/beau à croquer » par exemple ! Il parle aussi du repas comme important moment de sociabilité et déplore la perte de cette valeur de la nourriture avec les repas de plus en plus pris séparés, ou bien tout prêts, à l’américaine, privant le repas de sa valeur relationnelle. En effet, quand chaque membre de la famille passe sa journée à son établissement, rentre pour s’enfermer dans sa chambre, si le repas n’est plus pris en famille, quel moment reste-t-il pour partager sa journée, ce qui a plut et déplut ? Est-ce un hasard si les traditionnelles réunions de familles sont souvent des « repas de famille » où le point central est le repas en commun, menu soigné, préparé avec amour voir même, tous ensemble ? Cuisiner pour quelqu’un, n’est-ce pas une des plus belles marques d’affection ? C’est prendre le soin de combler un des besoins vitaux de l’autre, manger. Encore une fois, est-ce un hasard si les maladie comme l’anorexie sont très souvent développées chez des individus souffrant d’un déséquilibre relationnel au sein de la famille ? Si beaucoup de mangeurs compulsifs mangent pour combler une frustration, un manque ? Le lien entre amour et nourriture est fort, et dans ma vie de tous les jours, je le ressens : Quand je rentre chez mes parents le week-end et apprécie de retrouver ma famille complète au petit-déjeuner, quand je cuisine pour mes amies ou quand mon chéri me prépare de bons plats pour me réconforter, mieux encore, quand on cuisine à deux une recette qui nous emballe tous les deux, et que notre collaboration rend le plat encore meilleur ! Voilà ce qui m’a touché particulièrement dans cet ouvrage.

Alors, vous, lecteurs et lectrices, mangez à plusieurs, loin de vos téléphones, de préférence des plats concoctés de vos propres mains et retrouvez l’amour de manger. Pas pour être mince, en forme, vivre longtemps ou par nécessité, juste parce que c’est bon, parce que vous êtes ensembles. Et donnez moi vos avis sur la question, partagez vos expériences de « manger affectif ».

Bon week-end à tous et surtout, BON APPETIT 🙂

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