Humanisme et Ecologie

Élevée dans une famille adepte des petits gestes écolos, j’ai toujours été sensible à la protection de l’environnement. Petite, j’avais écrit une lettre que j’avais placardée sur la porte de la salle de bain pour prévenir contre le gaspillage d’eau. Elle y est toujours et fait bien rire les invités !
Quoi qu’il en soit, éteindre les lumières des pièces inutilisées, éviter les bains, couper l’eau quand on se brosse les dents, trier les déchets et recycler, tout cela et tant d’autres choses font partie de mon quotidien. En grandissant, j’ai réfléchi au sujet de notre planète, de plus en plus. Ce que nous lui faisions subir, ce que je pouvais faire, moi, pour limiter les dégâts. Dans cette optique, je privilégie le bio et le local autant que mon budget me le permet, et bien sûr, je suis devenue végétarienne. J’essaie au quotidien de réduire mon empreinte écologique (WWF me diagnostique à 2 planètes, la moyenne étant au-dessus de trois, mais c’est toujours trop, alors je continue mes efforts). Et puis j’ai commencé à chercher quand ce cycle infernal de destruction de notre propre environnement avait débuté. De quand date ce processus qui nous mène à nuire le monde qui nous fait vivre ?

dmep1Merci à Océaline pour l'illustration !!

Au fil de mes réflexions, il m’a semblé remarquer un grand tournant dans notre histoire où le processus s’accélère significativement. Sa naissance remonte certainement à des temps proche de notre apparition sur cette Terre, mais il y a eu un élément déclencheur plus récent qui lui a donné une autre puissance. Ce grand tournant, ce pourrait être le développement de l’humanisme.

Vous savez, l’humanisme. Ce courant de pensée qui tend à placer l’homme au centre de tout. En rupture avec la doctrine chrétienne du Péché Originel qui déclare l’être humain impuissant à agir et à faire son salut, qui ne peut être atteint que par la Grâce de Dieu, les humanistes défendent l’idée de l’existence de capacités propres à l’homme. Dieu n’est plus que secondaire, l’être humain devient prépondérant.

L’émancipation par rapport à Dieu nous confère responsabilité, liberté et une possibilité d’initiative, ce que je trouve épanouissant. Ce qui l’est moins, c’est que l’homme, en descendant Dieu de son piédestal cherche surtout à s’y mettre à sa place. L’être humain se rend alors tout puissant à ses propres yeux. C’est pour moi là que se pose le problème. J’ai l’impression que l’humanisme nous fait assister à l’envol de la désastreuse arrogance humaine, qui mènera au spécisme, dénoncé aujourd’hui par nombre de végéta*iens notamment. C’est l’humanisme qui fait dire à Descartes que l’animal n’est qu’une machine au service de l’homme. C’est ici qu’apparaît l’essor d’un sentiment de supériorité humaine, plaçant l’homme tout en haut de la pyramide du monde naturel, le menant à se croire tout permis. Dès lors, il s’extirpe de l’ordre harmonieux de la nature, se peint en maître du monde et estime que tout lui est dû. Alors il fait disparaître les forêts, massacre les autres espèces bien au-delà de ses besoins, les asservis pour son propre plaisir, pour effectuer les tâches qu’il rechigne à effectuer par peur du danger (tests cosmétiques par exemple). Désormais, la nature toute entière ne lui apparaît plus que comme un objet à utiliser, un rassemblement de ressources à exploiter, à accaparer, sans rien lui devoir en retour. Dès lors, déforestation, dégradation de la couche d’ozone, pollution de l’air, de l’eau, espèces disparues ou en voie de disparitions, glaciers qui fondent, dérèglement climatique, etc.


A partir du moment où l’homme se croit supérieur à la nature et cherche à s’en distinguer,

le processus infernal est lancé.

Mais le problème, c’est que l’homme n’est pas supérieur à la nature, pas plus qu’il ne lui est extérieur. Elle ne lui est en rien subordonnée, au contraire, il en est dépendant. Elle lui fournit nourriture, logement, vêtements, soins… La Nature n’a aucun devoir envers l’homme. Tout comme chacune des autres espèces, l’homme a sa part, à égalité. Mais il veut tout, pille les ressources qui lui étaient offertes, et empiète sur la part des autres, s’empoisonne lui-même en empoisonnant sa Terre.

Toutes les démarches écologiques actuelles sont nécessaires, mais insuffisantes car elles soignent les symptômes et ne s’attaquent qu’insuffisamment à la cause. Cette altération du monde prend sa source dans nos têtes, par l’arrogance de l’espèce humaine. Elle ne pourra cesser vraiment que lorsque l’homme se remettra en cause, prendra conscience de son erreur, et apprendra à rester à sa place.

Cela ne passe pas nécessairement par des changements drastiques de nos rythmes de vie, ni par l’arrêt total et définitif de la consommation de viande et de produits animaux comme certains le défendent (ce qui doit à mon avis rester un choix personnel et ne pas devenir une dictature du politiquement correct). C’est, à mon sens, par la tempérance que cela se fera. Apprendre à n’exploiter que ce que nos besoins nous réclament. Se souvenir que les autres espèces ne sont pas nos esclaves ou nos ennemis mais nos voisins. We Are All Earthlings. Ils ne sont pas là pour nous éviter les danger de nos cosmétiques, ni pour ne parer de futiles manteaux de fourrure. A mon sens, manger leur chair, utiliser leurs peaux pour nos vêtements n’est pas mauvais mais naturel mais uniquement tant que cela reste dans le cadre de nos besoins. Et nous n’avons pas besoin de manger de la viande midi et soir sept jours sur sept, par exemple. Réadaptons nos vies à nos besoins. Ce serait déjà un pas en avant vers la résolution des problèmes d’obésité, de faim dans le monde, de pollution, etc.

L’humanisme était une révolution intellectuelle. Comme pour chaque révolution, il convient d’avancer en prenant ce qui est bon, et délaissant le mauvais. L’humanisme nous soutient l’existence d’une capacité à agir de l’homme, le rend responsable et le fait grandir. Alors agissons, prenons conscience de nos excès, remédions à notre arrogance funeste, restons à notre place, apprenons la tempérance. Vivons avec compassion, discernement, intelligence. Faisons-le pour nos voisins les animaux, pour la planète, mais surtout, faisons-le pour nous.

Joyeuses Pâques, au passage !
Merci de me lire.

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2 réflexions sur “Humanisme et Ecologie

  1. Si jamais tu cherches d’autres idées pour réduire ton bilan carbone, tu peux t’inspirer de Béa Johnson (si tu ne la connais pas déjà) : http://zerowastehome.blogspot.ca/

    J’ai terminé son livre hier… je ne vois plus du tout les choses comme avant! Et j’ai hâte de mettre ses trucs en pratique (parce que ça demande quand même un peu d’organisation, le Zéro Déchet!) 🙂

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